Edgar est Coluche

Edgar Montant est un musicien accompli. Il vient d’ajouter une corde à son arc avec la création d’un spectacle sur Coluche. Qu’est-ce qui le motive, le fait vibrer ?

Edgar, qui es-tu ?

Je vis à Vovray-en-Bornes, où je suis né il y a 46 ans. Après avoir suivi des études professionnelles de musique, j’ai travaillé de longues années en tant que trompettiste, professeur dans plusieurs écoles de musique de Rhône-Alpes, chef d’orchestres d’harmonie… Je me suis ensuite peu à peu tourné vers une activité de comédien : d’abord en créant des spectacles jeune public, puis en intervenant comme personnage au Grand Parc d’Andilly. Tout ça en autodidacte, avant de suivre plusieurs stages de théâtre dans différentes écoles pour me perfectionner. Et puis, tradition familiale oblige, je suis également moniteur de ski, à Avoriaz. C’est une forme de spectacle aussi, on est là pour faire rêver les gens !

Tu as créé un spectacle autour de Coluche. Comment cette idée a germé ?

Edgar MontantLa passion et l’admiration pour ce personnage dont je n’ai aucun souvenir de son vivant (j’avais neuf ans lorsqu’il est mort, en 1986). Je me suis tout d’abord mis à écouter ses sketchs pour m’endormir le soir (sur cassette à l’époque !). J’avais 10/12 ans, même si je ne comprenais pas grand-chose, sa voix, ses intonations, et le peu de blagues que je comprenais me faisaient hurler de rire ! D’ailleurs aucun autre humoriste n’a encore réussi à me faire autant marrer. En grandissant, je me suis intéressé de plus près à cet homme, sa vie, sa personnalité et j’ai ressenti une certaine fascination. C’est une idée qui a donc germé petit à petit en moi, jusqu’à ce qu’un matin je me réveille en me disant qu’il était temps : Je devais créer un spectacle pour lui rendre hommage, pour le faire découvrir aux jeunes générations et rappeler quelques bons souvenir aux plus anciens !

On peut imaginer qu’entre l’idée et la concrétisation, il y a eu de nombreuses étapes. Peux-tu nous dévoiler les coulisses d’un tel projet ?

Il a d’abord fallu trouver un camarade musicien, car je savais que ce spectacle serait très musical : des sketchs bien-sûr, mais aussi des chansons et des musiques de films. Tout seul avec ma trompette c’était un peu compliqué… J’ai donc cherché un guitariste, très bon si possible, qui soit prêt à jouer un peu la comédie également, disponible et qui serait emballé par le projet. Lors de notre première rencontre avec Antoine (Angelloz-Nicoud), tous ces paramètres étaient réunis, et le courant est passé tout de suite !

Ensuite il a fallu travailler sur le contenu : choisir les différents sketchs, chansons, musiques… On a essayé plein de choses et les choix n’étaient pas faciles, si je m’étais écouté le spectacle durerait quatre heures. Après avoir défini le contenu, il a fallu réfléchir à une trame, une sorte d’histoire, trouver une cohérence, des transitions etc… Et enfin le gros travail de création lumières avec Sébastien Vesin, notre technicien. Ajouter à cela des heures chacun de notre côté à travailler personnellement nos textes, musiques. Entre notre première rencontre et la création du spectacle, il s’est écoulé environ un an et demi, à raison d’une grosse journée de répétition en commun tous les quinze jours en moyenne, plus une grosse semaine de résidence au théâtre de Cruseilles.

Finalement, le métier d’artiste, c’est beaucoup d’heures de travail pour peu d’heures sur une scène. Est-ce que tu as le sentiment que le public perçoit tout ce travail de fond ? 

Le public ce n’est pas vraiment le problème. Si ce que l’on fait est de qualité, efficace, « sérieux » (dans le sens « professionnel »), captivant et qu’on le fait avec le cœur, le public ne s’y trompe pas et est toujours fantastique. Évidemment, sur un spectacle de cette ampleur, plus on le joue, plus on est bon ! Donc le public réagit de plus en plus et de mieux en mieux.

Ce qui est frustrant, c’est d’être convaincu qu’on a quelque chose de bon, prouvé par les retours du public mais aussi des professionnels du spectacle. Et malgré cela de « ramer » pour le diffuser, car c’est un boulot énorme de pénétrer les réseaux des salles de spectacle, théâtres, festivals, saisons culturelles… A vue de nez, il y a 15,000 lieux sur toute la France à contacter, relancer, inviter, re-relancer, réinviter etc…C’est une vocation…mais ça vaut la peine !

Qu’est-ce que tu voudrais dire au petit Edgar si tu pouvais lui parler maintenant ?

Quand j’avais sept ou huit ans, je voulais devenir…curé. Et à la moindre occasion je « rejouais » l’intégralité de la messe à toute la famille et ça m’éclatait de les voir captivés par mon « show ».  Alors, je lui dirais « ce n’est pas curé que tu veux devenir c’est comédien ».

Quels sont tes futurs projets ?

Nous projetons de participer au Festival d’Avignon (trois semaines à jouer le spectacle tous les jours) en 2025. C’est une grosse aventure qui demande énormément d’investissement, de préparation et…d’argent. C’est pourquoi, après avoir hésité pour 2024, on a préféré se donner un an de plus. Je suis également en contact avec plusieurs théâtres sur Lyon et Paris, pour pouvoir le jouer dans des endroits qui permettent vraiment d’offrir une vitrine. Tout ça avant de parcourir toute la France, espérons-le. J’ai aussi d’autres projets en tant que comédien (création d’un autre spectacle, cinéma, etc…).

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