Sejour en retraite à Karma Ling

La semaine dernière j’ai eu la chance de faire une retraite au centre bouddhiste Karma Ling, à la frontière entre la Savoie et l’Isère. Cela faisait des années j’ai j’avais envie de réitérer l’expérience après mon baptême du feu en Vipassana : http://www.elsathomasson.com/non-classe/10-jours-sans-parler-cap-ou-pas-cap/

 

Heureusement, l’expérience a été bien plus douce ! Le centre est un lieu magique fait de paix et de calme au milieu de la nature. J’ai découvert lors de 5 jours de stage en groupe la pratique de la psychologie conptemplative accompagné de Delphine De Preville.

La « psychologie contemplative » est née dans les années 70 de la rencontre entre Chogyam Trungpa Rinpoché, un maître tibétain reconnu, et Edward Podvoll psychiatre et psychanalyste. A eux deux, ils ont su allier les fondements des enseignements du bouddhisme, vieux de plus de 2500 ans, aux techniques psychothérapeutiques occidentales.

Lors de ce stage nous avons pu pratiquer la méditation de pleine présence. Bien que je pratique la méditation depuis plusieurs années j’ai découvert une nouvelle manière de méditer pour s’ancrer plus fort dans l’ici et maintenant.

Les effets psychothérapeutiques de la méditation sont maintenant confirmés par les sciences en neurologie et en psychiatrie notamment. Elle permet une certaine clarté mentale et ainsi éviter certaines souffrances crée par nos esprits.

Nous avons pratiqué différents exercices psycho-corporel qui m’ont fait penser pour certains à ce que je connais de la sophrologie. Ce stage offre un temps d’écoute profonde de soi, ce temps permet d’accèder à ses émotions profondes parfois très enfouies au fond de notre être et de s’en libérer. On apprend peu à peu à se dés-identifier de ces émotions, à les voir comme un phénomène passager, à se laisser traverser sans se crisper.

 

Cette retraite a été l’occasion de nombreux échanges avec le groupe mais aussi avec les résidents locaux qui ont fait sur place de longues retraites (3 ans en général, coupé du monde et sans parler 😉 ) A côté Vipassana c’est de la rigolade.

Pour plus d’info : https://www.rimay.net/

https://www.psychologiecontemplative.fr/psychologie-contemplative/

 

Les africains des Bornes

Zoom sur le Sénégal direction M’bour dans le convoi annuel des membres de l’association « les africains des Bornes ». Nous avons débarqué avec 500 kg de bagages à donner (vêtements, chaussures, manuels scolaires…).

J’avoue qu’aucun pays du continent africain n’a jamais figuré dans ma top liste des endroits à visiter. Pourtant ce pays a beaucoup à offrir :

un certain lâcher prise par rapport au temps, les couleurs, les sourires… Là-bas, les joies semblent plus joyeuses et les soucis plus lointains. Est-ce juste ? La misère serait-elle moins pénible au soleil ?

Association Senegal

A travers l’association, et les rencontres que ses membres ont faites année après année, nous avons un aperçu de l’intérieur. Nous avons la chance d’être un peu plus que des touristes. Durant le séjour nous nous sommes rendus dans plusieurs villages au hasard. C’est comme une boite de chocolat, on ne sait pas vraiment ce que l’on va trouver… Si parfois quelques personnes parlent français ce n’est pas le cas de la majorités des villageois. Alors la danse et la musique deviennent le meilleur moyen de partager un moment de vie.

Ce qui frappe, c’est que les gens n’ont quasiment rien. L’Afrique n’a pratiquement pas d’industrie, les nombreuses richesses naturelles sont exploitées par les étrangers. Les produits de consommation, même le riz sont importés pour la plupart de chine. Un petit salaire d’employé est d’environ 50€ par mois, alors comment faire pour accéder aux soins de santé, à l’éducation des enfants, aux bases matérielles ?

Elsa ThomassonMalgré cela, il règne cette capacité salvatrice à prendre la vie du bon côté, à profiter de chaque joie. Comme s’il ne fallait penser aux problèmes qu’en cas d’extrême nécessité. Ce qui est beau dans la culture africaine c’est cette solidarité immense : ils ont si peu et pourtant ils trouvent toujours à donner pour quelqu’un de plus nécessiteux.

Africains des BornesOn reste éberlué devant cette générosité qui défi notre raison occidentale. Mais ce noble sens culturel du sacrifice est un fardeau immense dont aucun ne peut se décharger. Sur 13 millions d’habitants, plus de 500 000 Sénégalais vivent à l’extérieur du pays. Cette diaspora représente une ressource économique essentielle pour le pays car les transferts financiers représentent entre 5 et 10 % du PIB. Une vie en France ou à l’étranger qui en fait rêver plus d’un (75% des jeunes sénégalais souhaitent quitter le pays). Comment les juger ? Ils rêvent d’une vie meilleure et de pouvoir avoir la fierté d’être celui qui va aider la famille en dépit de tous les risques qu’ils pourront prendre.

S’ils sont altruistes et ont le gout du sacrifice, le commun manque surement de discipline et s’en remet beaucoup à Dieu pour améliorer leurs conditions de vie. Inch’Allah est bien l’expression que l’on entend le plus : « si Dieu le veut ».

Les africains des bornesLe Sénégal est reconnu comme un pays très tolérant et un modèle en matière de cohabitation pacifique religieuse. Les 95% de musulmans et 5% de chrétiens vivent en réelle harmonie, en « frères ». Lors des différentes fêtes religieuses, les Sénégalais ont pour habitude d’offrir des repas à leurs voisins pratiquant d’autres religions. D’ailleurs il n’est pas rare que des musulmans fassent des donations pour la construction d’église et vice-versa. Vous imaginez cela chez nous ?

 

Aussi, comment évaluer le poids de la religion sur le développement du pays?

La polygamie au Sénégal est autorisé (et fréquente), les femmes ont en moyenne 4 enfants donc un homme qui a 2 femmes aurait en moyenne 8 enfants à nourrir.

Ne croyez pas que la femme Africaine manque de caractère, au contraire. C’est souvent elle qui porte la culotte, mais toutes les conditions extérieures et les traditions jouent contre elle. Je ne dirais pas que les choses sont parfaites chez nous, mais disons qu’on a pris quelques générations d’avance…

Certains auront déjà entendu parler de notre petite asso. Elle est née de la volonté d’une personne, décidée à agir à son échelle pour aider certains habitants de la ville de M’Bour. Les actions sont variés et dépendent des besoins dont on nous fait part et des rencontres : micro-crédit, aide alimentaire pour des villages de brousse, construction de sanitaires, aide à des projets professionnels, frais de santé, parrainages d’enfants…

Les projets ont dans la mesure du possible une visée à long terme. Par exemple en donnant l’accès à l’éducation on permet d’envisager un meilleur travail et un meilleur avenir. Idem pour les formations professionnelles comme achat d’une machine à coudre, prêts pour une voiture taxi, financer un permis de conduire…

Ces actions ne seraient pas possibles sans quelques bénévoles Sénégalais relais, qui nous aide sur place pour contrôler les projets.

L’argent de l’asso provient des diverses manifestions que nous organisons tout au long de l’année. Nous aurons un stand aux Médiévales d’Andilly et un vide dressing champêtre à Cruseilles le 19 mai, n’hésitez pas à venir nous voir ! Aussi,  nous recherchons toujours des parrains pour pouvoir envoyer plus d’enfants à l’école. Le cout est d’environ 250€ par an mais il est possible de le partager avec un autre parrain.

Se rendre sur place est très motivant car on peut voir qu’avec des montants raisonnables on peut concrètement changer le cours de la vie d’une famille.

Association afrique

On est pas tous né sous la même étoile et il y a peut être une raison à cela. Mais il y a chez certaines personnes mal loties une telle dignité, une telle force de vivre et une légèreté qui laisse admiratif. Ce sont eux qui nous enseignent l’insouciance,  c’est tout de même un comble. La beauté du Sénégal se loge dans les détails : les détails des gens, les détails du quotidien. J’ai retrouvé mon quotidien à moi mais je sais déjà que j’y reviendrais : Inch’Allah

On va s’aimer

Photo theraphie Annecy

Depuis de nombreuses années, je me questionne beaucoup sur notre rapport à l’image. Mon métier de photographe me permet de rencontrer de nombreuses personnes et de les observer. Généralement, les gens sont plutôt mal à l’aise face à l’appareil photo, pollués par leurs complexes. Il y a des freins à se dévoiler sous l’objectif d’une inconnue, parfois sous le regard de quelques curieux, et à s’assumer ! Depuis des années, j’observe les femmes, les hommes, et le rapport à leurs corps et à leurs visages. J’observe et je ressens le malaise lié à la difficulté d’accepter ce corps, de l’aimer, de s’aimer tout simplement, et je me demande comment on en est arrivés là. Continuer la lecture de « On va s’aimer »