Récit d’une infirmière en psychiatrie

Photo portrait

Sylvie est infirmière en soin psychiatrique en milieu carcéral, un métier loin de notre quotidien.

Sylvie, quel est votre parcours, celui qui vous a mené à exercer ce métier ?

J’ai cinquante-cinq ans, et depuis plus de trente ans, je suis infirmière. J’ai d’abord commencé dans les soins généraux, puis rapidement je me suis tournée vers la psychiatrie. J’ai travaillé sur divers lieux, notamment au centre psychiatrique de la Roche sur Foron. Depuis 2003, j’ai quitté le système français pour continuer en Suisse. Actuellement je travaille en collaboration avec la prison de Champ-Dolon sur Genève. Je suis dans une unité de crise psychologique pour détenus. Nous accueillons des prisonniers qui ont besoin de soins spécifiques urgents pour des périodes de trois semaines. Les patients viennent de toutes la Suisse car ce type de structure est rare. La structure se compose de six unités; l unité de crise a seize lits. On nous envoie les patients en situation de crise psychique : décompensation de troubles mentaux, risque suicidaire…

Quels sont les profils rencontrés ?

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Rencontre avec une femme victime de violence conjugale

On a beaucoup parlé de l’explosion de la violence conjugale pendant le confinement. En France, encore beaucoup trop de femmes souffrent en silence, dans la peur et la honte. La gravité des faits est souvent minimisée, par la société et par les victimes elles-mêmes. Elles se taisent et endurent dans l’espoir de préserver leurs enfants ou que la situation va finir par s’améliorer. Il faut beaucoup de courage pour oser « partir ».

J’ai pu rencontrer l’une d’elles qui a accepté de se confier. Pour préserver son anonymat, nous l’appellerons Thérèse.

Les illustrations ont été faites spécialement par Victoria Ducruet,  jeune illustratrice et graphiste originaire de Cruseilles. Au crayon ou au feutre, elle raconte la poésie du quotidien. En octobre prochain, elle signe sa première bande-dessinée Dans l’attente d’une réponse de votre part (Éd. Carrément).

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La beauté de la vulnérabilité

On nous a appris depuis tout petit que c’était mal de se montrer fragile. On nous a appris que les faibles se faisaient marcher sur les pieds… Souvent, il est très dur de laisser voir notre vulnérabilité.

Pourtant, être sensible, c’est le propre de chaque être humain.

Les masques que l’on porte, au travail, avec ses amis et sa famille sont comme une armure très lourde à porter. Au fil du temps, elle va rouiller et vous peser de plus en plus. Cette armure peut devenir : un burn-out, une dépression, ou une maladie si vous ne vous en allégez pas à temps. Ces masques que nous portons sont une forme de honte, un rejet de certaines parties de nous-même. Ces parties qu’on ne veut pas voir, et encore moins montrer aux autres. Nous avons peur d’être rejeté, en ne nous conformant pas à ce que l’on pense être acceptable par l’entourage et la société. C’est la peur de perdre nos relations, notre appartenance au groupe. Continuer la lecture de « La beauté de la vulnérabilité »

Mes 10 commande(confine)ments

Ouille … pour certains, la nouvelle du confinement est tombé comme un couperet. Mais maintenant qu’on y est, comment faire passer au mieux la pilule ?

1. SE CULTIVER

Vous voulez passer du Trivial Pursuit version enfant à la version Genius ? Youtube, Netflix et les chaînes en replay regorgent de reportages très intéressants sur tous les sujets possibles et imaginables. Attention ! Le commandement 1 comporte un risque : après le confinement, vous aurez peut être l’impression que comparé à vous, vos amis sont cons.

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Se battre pour s’intégrer

Depuis toute petite j’ai toujours été fasciné par la langue des signes et par ces gens qui ne pouvait rien entendre. Comment vivent-ils ?

J’avais croisé Sébastien à plusieurs reprises et j’étais toujours épatée par sa jovialité et son énergie. Notre échange m’a marqué malgré ma compréhension partielle de ce qu’il me disait, une certaine pudeur à se dévoiler et ma méconnaissance du monde des sourds. Méconnaissance assez commune car auparavant, les sourds étaient considérés comme des arriérés mentaux. Ce n’est qu’au 18ème siècle que la langue des signes fut inventée et qu’on a envisagé de leur donner un peu de considération. Certains handicaps nous semblent plus faciles à nous représenter, mais nous n’avons absolument pas conscience du quotidien d’un sourd.  Continuer la lecture de « Se battre pour s’intégrer »